Gérer ses règles pendant un trek au Népal : organisation et précautions pratiques
Entre 20 et 30 % des trekkeuses partent en randonnée pendant leur période menstruelle, selon des enquêtes menées auprès de voyageuses. Sur les sentiers népalais, où l'accès à l'eau chaude, aux toilettes privées et aux pharmacies est limité, cette situation demande une préparation spécifique. La gestion des règles en altitude ne se résume pas à un simple confort : elle touche à l'hygiène, à la gestion des déchets et à la santé en conditions difficiles.
Choisir ses protections selon la durée et l'altitude
Le choix du matériel dépend de la durée du trek, de la température extérieure et de la possibilité de laver et sécher du linge. Les protections jetables, comme les serviettes hygiéniques classiques, restent les plus simples à utiliser. Elles sont légères, ne nécessitent ni eau ni séchage, et se changent rapidement. Leur inconvénient majeur est le poids des déchets à transporter, car il est interdit de les brûler ou de les enterrer dans les zones de montagne.
Les coupes menstruelles présentent un intérêt pour les treks de plus de cinq jours. Elles réduisent considérablement le volume de déchets et peuvent rester en place jusqu'à douze heures, ce qui limite les manipulations en extérieur. Leur usage exige toutefois de pouvoir se laver les mains avec de l'eau propre à chaque vidange, une condition parfois difficile à remplir au-dessus de 3 000 mètres. Dans ce cas, un petit flacon de solution hydroalcoolique et un bidon d'eau dédié deviennent indispensables.
Les culottes menstruelles, bien que pratiques, posent la question du lavage et du séchage. Dans les lodges d'altitude, l'eau est souvent rare et froide, et le linge ne sèche pas en une nuit. Les utiliser en complément d'une autre protection, plutôt que seules, constitue une solution plus réaliste.
Gérer l'hygiène et le lavage en conditions rustiques
Dans les lodges népalais, les toilettes sont généralement des cabanes avec un trou au sol, sans eau courante à proximité. Le lavage des mains doit donc être planifié à l'avance. Emporter un petit sachet de lingettes biodégradables, une poche à eau souple et du savon solide permet de maintenir une hygiène de base sans dépendre des installations du lodge.
Pour le lavage du corps, l'eau chaude est facturée en supplément dans la plupart des établissements au-dessus de 2 500 mètres. Une toilette complète quotidienne n'est pas toujours possible. Se laver par zones, avec un gant et une petite quantité d'eau tiède, suffit pour éviter les irritations. Il est conseillé de privilégier les sous-vêtements en coton ou en fibres naturelles, qui laissent mieux respirer la peau que les matières synthétiques.
Le changement de protection doit se faire dans un endroit où l'on peut s'accroupir sans poser son sac à terre. Un grand sac en plastique refermable, utilisé comme pochette de transport pour les protections usagées, évite de les mélanger avec le reste du paquetage. Ce sac doit être conservé à l'extérieur du sac de couchage, dans une poche latérale accessible.
Adapter son rythme et son alimentation en altitude
Les règles peuvent accentuer les symptômes du mal aigu des montagnes, notamment les maux de tête et la fatigue. Les trekkeuses concernées ont intérêt à prévoir des étapes plus courtes pendant les deux premiers jours de leur cycle, surtout au-delà de 3 500 mètres. L'ascension ne doit pas être forcée : un jour de repos supplémentaire dans un lodge, avec hydratation et alimentation légère, permet souvent de retrouver une condition physique normale.
La déshydratation, fréquente en altitude, peut intensifier les crampes abdominales. Boire au moins trois litres d'eau par jour, même sans sensation de soif, aide à réduire ces douleurs. Les infusions proposées dans les lodges, comme le thé au gingembre, sont adaptées et ne nécessitent aucun matériel supplémentaire.
L'alimentation doit rester simple et digeste. Les repas népalais traditionnels, à base de riz, de lentilles et de légumes, conviennent bien. Il est préférable d'éviter les plats très épicés, qui peuvent irriter le système digestif déjà sollicité par l'altitude. Emporter des encas riches en magnésium, comme des fruits secs ou des noix, peut aider à réduire les sensations de fatigue musculaire.
Gérer les déchets et respecter l'environnement
Les protections hygiéniques usagées ne se dégradent pas rapidement en altitude. Le froid ralentit leur décomposition, et les animaux sauvages peuvent les déterrer si elles sont enterrées. La règle appliquée sur tous les sentiers népalais est simple : tout ce qui est monté doit redescendre. Chaque trekkeuse doit donc prévoir un contenant étanche, comme un sac à déchets solide, pour stocker ses protections jusqu'au retour en ville.
À Katmandou ou à Pokhara, des points de collecte des déchets non organiques existent dans les agences de trek et certaines guesthouses. Il est possible d'y déposer les sacs fermés. Dans les villages reculés, aucune infrastructure de ce type n'est disponible. Le sac doit alors être rapporté jusqu'à la première grande ville, ce qui représente parfois plusieurs jours de portage.
Les tampons et serviettes biodégradables, bien que commercialisés, ne sont pas une solution complète. Leur dégradation nécessite des conditions de compostage industriel qui n'existent pas en montagne. Les considérer comme des déchets classiques, à ramener avec soi, reste la seule option responsable. Les coupes menstruelles, qui ne produisent aucun déchet solide, constituent l'alternative la plus compatible avec la réglementation locale sur la protection de l'environnement.